Quand François Bayrou sort du frigidère...
Par Bob, jeudi 13 novembre 2008 à 08:14 :: Débats :: #518 :: rss

Ci-dessous l'analyse de Jean-Francis Pécresse dans les Echos qui juge le PS à l'aube d'une révolution royal...
Miracle de la démocratie interne, ce qui était impensable il y a encore quelques jours est en passe de se produire. Re-légitimée, à la surprise générale, par le vote des militants, Ségolène Royal est en passe de prendre directement, ou indirectement, le contrôle du Parti socialiste. Mystère de la démocratie interne, le vote de désignation n'interviendra qu'en fin de semaine prochaine, une fois passé le congrès de Reims, qui s'ouvre dans deux jours.
Mais l'ex-candidate à la présidentielle doit faire connaître ses intentions dès aujourd'hui et le plus probable est qu'elle sorte du « Frigidaire » son ambition, encore fumante, de succéder à son ancien compagnon à la tête du parti. C'est son intérêt bien compris, car l'histoire des succès présidentiels et celle de sa propre défaite enseignent qu'il est vain d'espérer marcher sur l'Elysée sans un parti en ordre de bataille derrière soi. Pour Ségolène Royal, l'occasion est trop belle de commencer à faire du « vieux parti » cher à Martine Aubry et à Bertrand Delanoë ce « parti de toute la société » qu'elle appelle de ses voeux, une formation de nouveaux militants débarrassée de ses courants mais ouvert à tous les vents.
Plus opportuniste, moins socialiste. Qu'importe si son succès relatif tient en partie à des manoeuvres d'appareil d'un autre temps... Une majorité des adhérents du PS, pas seulement les plus récents, ont fait comprendre qu'ils attendaient de leurs prochains dirigeants qu'ils dépoussièrent le fonctionnement d'un parti devenu terriblement désuet.
Les socialistes sont à l'aube d'une révolution, à la veille de changer de gouvernance et de gouvernail. Car, en assumant pleinement sa recherche d'une alliance électorale avec le Modem de François Bayrou, la présidente du Poitou confirme sa volonté de faire entrer le PS dans une ère nouvelle. Surprise, le congrès de Reims dont les socialistes craignaient qu'il n'entretienne la confusion pourrait bien être le début d'une clarification politique.
Un long cycle s'achève, celui ouvert au congrès d'Epinay, en 1971, avec la validation de la stratégie d'union de la gauche défendue par François Mitterrand, prolongée par Lionel Jospin en 1997, sous une autre forme, celle de la gauche plurielle. En prétendant, elle, aller chercher au centre la clef d'un socialisme de gouvernement, Ségolène Royal fait un bien meilleur calcul que ceux qui rêvent l'avenir du PS dans une gauche radicale toujours faible dans les urnes et plus rétive que jamais à l'idée d'une alliance avec les partis traditionnels.
Cette « ligne claire » bute cependant sur un épais brouillard identitaire. La candidate probable à la succession de François Hollande a fait une campagne interne très à gauche. Là où le parti se prend, sans doute. Mais les Français risquent de ne pas mieux comprendre qu'entre les deux tours de la dernière présidentielle ce grand écart entre la stratégie et le programme. « Les idées d'abord », dit Ségolène Royal. Ce ne sont pas elles qui manquent. Juste un peu de cohérence.
Les Echos du 12 novembre 2008
Information niçoise
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