LA CRISE FINANCIERE REORIENTE LE DEBAT AU PS

Dans son édition quotidienne du 9 octobre, le journal gauchiste Le Figaro revient sur le congrès du Parti Socialiste et sur l'analyse critique du libéralisme dans les différentes motions... Ci-dessous l'article qui rend compte de certains revirements ou de différents positionnements dans les 4 principales motions soumises au choix des adhérents en vue du Congrès de Reims...

Malheur à ceux qui ont manié le mot «libéral», Bertrand Delanoë en tête. Au printemps, dans son livre De l'audace, le maire de Paris pensait paraître moderne en se déclarant «socialiste» et «libéral» politiquement et philosophiquement. Depuis, la crise financière est passée par là, et le mot, qui pouvait prêter à confusion, a disparu de ses discours. Ainsi que de ceux de Ségolène Royal, qui se présentait comme blairiste il y a deux ans. Maintenant, elle demande l'interdiction des licenciements pour une entreprise bénéficiaire qui délocalise son activité.

Au PS, à moins d'un mois du vote sur les motions pour le congrès de Reims, on discute désormais moins de la «nature du parti» que de la remise en cause du système capitaliste. Les nationalisations bancaires en cascade ont marqué le retour de l'État. Du pain béni pour les socialistes qui pensaient avoir perdu la bataille idéologique.

Les discours aux accents de gauche de Nicolas Sarkozy placent cependant le PS dans une situation ambiguë : si les socialistes sont d'accord sur les mots, ils ne lui font pas confiance sur les remèdes. «Ce qui s'effondre aujourd'hui, c'est une partie de ce que vous appeliez la bataille idéologique, c'est-à-dire le libéralisme économique», a lancé François Hollande mercredi à l'Assemblée lors du débat sur la crise.

Les tenants d'une ligne plus à gauche au sein du PS sentent-ils leur analyse renforcée par la faillite du système ? «C'est vous qui le dites», élude Martine Aubry quand on lui pose la question. Mais la maire de Lille ne manque pas de souligner ses différences avec Bertrand Delanoë : «Il dit : “je suis pour le libre-échange dans tous les domaines”, moi je préfère un juste échange, pour aider les pays du Sud mais aussi pour garantir nos activités et éviter nos licenciements». Dans l'entourage de Delanoë, on trouve «malhonnête» la polémique sur ce terrain. «Il faut être sérieux», estime le président du groupe à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. D'ailleurs, tous les députés ont reçu un argumentaire pour leurs réunions publiques sur la «faillite du libéralisme». Mercredi, la direction du PS s'est aussi réunie en «séminaire de travail» sur la crise.

Mais, au PS, le plus en phase avec la dénonciation du libéralisme, c'est le député européen Benoît Hamon, candidat au poste de premier secrétaire. Il y a deux mois, il n'était qu'un renfort. Aujourd'hui, il est l'objet de toutes les attentions. Mardi soir, lors du débat sur les motions à Paris, chacun a eu un mot aimable à son égard. Pour autant, Benoît Hamon et sa volonté de «restreindre le libre-échange» ne plaisent pas à tout le monde. «Le risque est de déplacer le curseur du congrès vers un populisme de gauche», craint Ayrault.

À la gauche du PS, le discours est radical. On ne fait pas confiance à Nicolas Sarkozy pour résoudre la crise du capitalisme. Partisan de Hamon, Pascal Cherki n'y va pas de main morte : «C'est comme demander à Marc Dutroux de lutter contre la pédophilie ou à Pablo Escobar de lutter contre le trafic de drogue.»

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Les propositions sur les retraites dans les différentes motions du congrès de Reims

  • Motion A (Delanoë) Les solidarités inter-générationnelles, garanties dans la durée.
    • accepte l'augmentation de la durée de cotisation s'il y a application d'objectifs volontaristes sur l'emploi des seniors
    • prise en compte de la pénibilité donnant droit à des trimestres de bonification
    • prise en considération des inégalités en terme d'espérance de vie
    • révisition des exonérations des cotisations patronales
    • taxation des stock-options
  • Motion B (Pôle écologique) régler durablement, sur la base d’un discours et d’une politique de vérité et de justice sociale, la question du financement des retraites.
    • prévoir soit un allongement de la durée de cotisation, soit un accroissement de la contribution de l'ensemble des revenus
    • prise en compte de la pénibilité
  • Motion C (Hamon) Les retraites : de nouveaux financements plutôt que la contribution croissante des salariés
    • pas d'allongement de la durée de cotisation, droit à la retraite à 60 ans
    • extension de l'assiette de financement des retraites : taxer les stock-options et taxer les profits des entreprises (CSG entreprises)
    • prise en compte des pénibilités permettant une cessation anticipée d'activité
  • Motion D (Aubry) Des retraites garanties par la consolidation du système par répartition
    • pas opposer à un allongement de la durée de cotisation
    • prise en compte de la pénibilité
    • reprendre l'alimentation du fonds de réserve des retraites
    • élargir l'assiette des cotisations retraites pour y intégrer les revenus du capital
    • augmentation du taux d'activité des séniors comme préalable à l'allongement de la durée de cotisation
    • surcotisation retraite pour les entreprises dont la proportion de salariés de plus de 50 ans est excessivement faible
    • augmentation du minimum vieillesse
    • sortir de la logique financière
  • Motion E (Collomb, Royal) Bâtir un système de retraite transparent, universel et personnalisé
    • Chaque cotisant dispose d’un compte personnel sur lequel il accumule ses cotisations tout au long de sa vie active, de façon à déterminer le montant de sa pension au moment où il choisit de partir en retraite. Le critère de la pénibilité des tâches doit être pris en compte dans ce calcul.
  • Motion F (Utopia)
    • rien de spécifique mais bon il y a plein de droits universels dans une société qui ne repose plus sur la "valeur" travail.

Toues les motions insistent donc sur la nécessité de prendre en compte la pénibilité au travail pour le calcul des retraites.

Les motions Delanoöe, Aubry et du pôle écologique acceptent clairement l'idée de l'augmentation de la durée de cotisation. Seule la motion Hamon refuse catégoriquement cette hypothèse et préfère augmenter la taxation des profits des entreprises par la création d'une "CSG Entreprise".

Une obligation de résultat sur le logement

Aujourd'hui, examinons les propositions en matière de logement des différentes motions présentées au congrès de Reims.

  • Motion A (Delanoë)
    • 120 000 logement sociaux par an
    • x5 les sanctions financières pour les communes ne respectant pas la loi SRU
    • Sauver le livret A
    • Limiter la progression des loyers du secteur privé
  • Motion B (pôle écologique)
    • Politique de logement social intégré à la ville, respect du développement durable.
  • Motion C (Hamon)
    • Encadrement des loyers
    • Réquisition des logements vides
    • construction de logements sociaux
  • Motion D (Aubry)
    • Encadrement/gel des loyers
    • Renforcement des pénalités pour les communes ne respectant pas la loi SRU
    • Substitution de l'état en cas de carence
    • Mixité sociale dans chaque programme de construction
    • Cession de terrains par l'état pour les communes qui s'engagent sur plus de deux tiers de logements à loyers maîtrisés
  • Motion E (Royal)
    • Renforcer les sanctions prévues dans le cadre de la loi SRU
    • Substitution de l'état aux communes en cas de carence dans la construction de logements sociaux
    • Mixité sociale : 20% de logements sociaux sur les nouveaux programmes de construction
    • Offre adaptée aux nouveaux modes de vie (mères célibataires, étudiants, personnes âgées)
  • Motion F (Utopia)
    • Couverture Logement Universelle
    • Plan massif de construction de logements sociaux qui garantisse une vraie mixité sociale


Toutes les motions proposent donc un vaste programme de logements sociaux tout en favorisant la mixité sociale. Trois motions proposent l'encadrements des loyers (Delanoë, Hamon, Aubry). Trois motions envisagent le renforcement des sanctions financières prévues par la loi SRU (Delanoë, Aubry, Royal). Aubry et Royal insistent sur la mixité sociale. Et Hamon propose la réquisition de logements vides.

Les motions pour le congrès de Reims ont été déposées

Le 23 septembre, six motions ont été déposées à l’occasion d’un conseil national de synthèse à la Mutualité à Paris, en vue du Congrès de Reims des 14, 15 et 16 novembre. Six textes sur lesquels les militants seront invités à voter le 6 novembre.

Bertrand Delanoë est le premier signataire de la motion A
le pôle écologique, représenté par Christophe Caresche défend la motion B
Benoît Hamon a déposé la motion C ("Un monde d'avance")
Martine Aubry porte les couleurs de la motion D ("Changer à gauche pour changer la France")
Gérard Collomb est à la tête de la motion E
Franck Pupunat est dépositaire de la motion F ("Utopia")

À titre de comparaison, cinq motions étaient en lice au Congrès du Mans en 2005.

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Le congrès de Reims dans le 06

Article de Nice Matin le 4 septembre dernier sur l'organisation du congrès de Reims à l'échelle maralpine.

Je ne saurais que souligner la phrase la plus juste de Patrick Allemand : "Nous n'avons pas les moyens, ici, de nous livrer aux batailles internes existant ailleurs.". Je dirais même plus que la France et ceux, parmi nos concitoyens, qui souffrent le plus n'ont pas les moyens de voir le PS se livrer à ces guéguerres d'égo au lieu de les protéger. Notre responsabilité collective de militant est, bien au contraire, de débattre, d'inventer notre idéal de demain, et de défendre les plus fragiles face aux attaques violentes menées par la Droite.

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