JO, les droits sociaux oubliés par Rémi Bazillier

Rémi Bazillier est maître de conférence en économie à l'Université d'Orléans, ancien secrétaire national à l'international du Mouvement des Jeunes Socialistes, ancien coordinateur du Global Progressive Youth Forum pour la IUSY (internationale des jeunes socialistes). Cette tribune a été publiée aujourd'hui dans Libération.

On aura beaucoup parlé du contexte politique dans lequel se sont tenus ces Jeux olympiques. Pourtant, si certains débats ont fait l’objet d’abondants commentaires, la question des droits sociaux et des conditions de travail en Chine a été passée sous silence. Il s’agit toutefois d’un enjeu central, en Chine mais aussi dans le reste du monde.

Premier problème : les conditions de travail dans les usines fournissant directement des produits portant le logo olympique ou dans la construction des installations olympiques. La campagne PlayFair 2008, coordonnée par la Confédération syndicale internationale (CSI) et des ONG, avait pourtant interpellé le CIO, les comités olympiques nationaux et le gouvernement chinois sur ces questions, demandant notamment de mettre fin à la répression syndicale, à la discrimination contre les travailleurs migrants, et appelant au respect des normes fondamentales du travail.

En 1998, le CIO signait avec l’Organisation internationale du travail (OIT) un accord de coopération sur la justice sociale, stipulant notamment : «Le CIO et l’OIT s’engagent à encourager les activités visant à poursuivre cet objectif, en particulier en ce qui concerne l’élimination de la pauvreté et du travail des enfants.»

Pourtant, le CIO a rejeté toute responsabilité concernant le suivi des conditions de travail des produits de merchandising labellisés «Jeux olympiques». Alors que la charte olympique prévoit une «attention responsable pour les questions environnementales», aucune mention n’a été faite du respect des droits fondamentaux des travailleurs. Face à ce déni de responsabilité, les entreprises ont eu toute liberté d’utiliser le logo olympique en violant les droits élémentaires des travailleurs, mettant en danger leur sécurité et le développement social des populations. Un rapport de PlayFair 2008 (1), qui a enquêté dans quatre entreprises exploitant le logo olympique, révèle un «mépris pour la santé des travailleurs et pour les législations sociales locales dans les domaines suivants : nombre d’heures travaillées, embauche de mineurs et d’enfants, conditions de santé et de sécurité». Dans un communiqué récent, la CSI dénonce «l’inaction déplorable du CIO en matière de droits des travailleurs».

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Decryptage de la progapande contre l'école

On le sait, la presse pense que c'est avec des titres sexy et accrocheurs qu'on "vend de l'information". Tout le problème de la marchandisation de l'information qui dénie aux citoyens le droit à être convenablement informé pour faire ses choix démocratiques en plein conscience.

La droite sait comment jouer de cela pour mener sa bataille culturelle et imposer comme une vérité intangible la supériorité du marché sur l'Etat ... quitte à mentir effrontément avec un cynisme rarement aussi frappant qu'en cette période. Droits de l'homme et politique étrangère, économie et pouvoir d'achat, droit social et justice, tout y passe. Aujourd'hui c'est l'école, l'éducation, l'avenir et le ciment d'une société en somme.

Nice Matin s'est prêté à ce jeu dangereux pour la République et nos valeurs en publiant les résultats d'une "enquête" qui ne fait rien d'autre que comparer des carottes et des navets : un soit-disant palmarès des lycées établit que les établissements privés auraient de bien meilleurs résultats que l'école publique.

Bien entendu, cette étude ne précise pas les conditions de présentations des lycéens au baccalauréat et passe sous silence la double sélection menée par les établissements privés, la première par l'argent dont doivent disposer les parents, la seconde en forçant tout simplement les "mauvais élèves" à se présenter en candidat libre, c'est à dire sans entacher ces merveilleuses statistiques. L'école publique ne fait pas ça, évidemment.

L'article, plus occupé à vendre du papier et/ou véhiculer les ferments d'une idéologie aussi libérale qu'anti-républicaine, oublie les fondamentaux du travail journalistique et ne met pas en perspective "l'information" qu'est censée apporter cette enquête. Il ne mentionne pas l'injustice fait à l'école publique, défavorisée dès le départ par la comparaison. Il ne mentionne pas plus l'état déplorable de notre académie :

  • Plus de 200 suppressions de poste
  • Un dotation financière par élève la plus faible de France

Ce scandale ne peut pas n'avoir aucun impact sur les "performances" de nos lycées publiques ! Et dans ce contexte, ce sont les équipes pédagogiques et techniques de nos lycées publiques qu'il faut féliciter au lieu de les stigmatiser une fois de plus.

Estrosi ne mentionne bizarrement pas cela quand il se vante de sa supposée influence à Paris. Le silence assourdissant de Nice Matin sur le sujet n'est peut être pas sans rapport, allez savoir...

Ci-joint, la réaction de Yann Librati à la publication de ce "palmarès" qui n'aura certainement pas les palmes de l'objectivité et de la rigueur scientifique.



La Droite étouffe la recherche et notre avenir

Aujourd'hui, c'est le tour du CNRS d'être la cible du gouvernement. La presse en parle, mais elle a la mémoire courte. Les journalistes oublient que la droite, depuis l'avènement de l'idéologie libérale, n'a de cesse de vouloir contrôler la recherche publique et, en particulier, de tuer le CNRS.

La courbe à gauche (cliquez dessus pour la voir) montre l'évolution du budget de la recherche publique année par année, gouvernement par gouvernement. Dans les 20 dernières années, les seules phases de croissance du budget de la recherche sont dues aux gouvernements de gauche. C'est tellement systématique que ça en est caricatural, et on entend encore Sarkozy ou Précresse mentir impunément en disant que la recherche est leur préoccupation numéro 1, que c'est l'avenir de la France.

Oui, la recherche est l'avenir de la France, en particulier la recherche fondamentale, mais la droite a une telle soif de contrôle qu'elle massacre notre avenir.

Dans la suite, une tribune écrite dans "le Patriote" pour un dossier sur le sujet, en essayant d'avoir un regard local, notamment sur l'avenir de l'Université de Nice - Sophia Antipolis dans la séquence actuelle où d'une part l'Etat choisi les sites où il mettra l'université à niveau et, d'autre part, où Estrosi a abandonné notre Université qui s'enfonce vers un déclassement probable.

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Homophobie = Identité nationale ?

Au moment où la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne, un article du Monde daté samedi 28 juin 2008 s’interroge sur la politique de Nicolas Sarkozy à l’égard des homosexuels. Alors que le mariage homosexuel s’étend à de nombreux pays, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Canada, l’Afrique du Sud, le Massachusetts et dernièrement la Californie, la France se fige à contre-courant dans un immobilisme qui, selon les auteurs, serait la marque d’une homophobie d’Etat.

Les auteurs sont Daniel Borillo, juriste à Paris-X-Nanterre, auteur d'un Que sais-je ? sur l'homophobie, Eric Fassin sociologue et professeur à l'Ecole normale supérieure (Paris), un des auteurs du Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Noël Mamère député Vert de Gironde et Caroline Mécary qui a obtenu la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'Homme pour violation des articles 8 et 14 de la Convention, en raison du refus d'agrément opposée à une femme à cause de son homosexualité.

Le mariage homosexuel faisait parti des 100 propositions de Ségolène Royal pour la dernière élection présidentielle, il s’agissait de la proposition 87 ainsi rédigée : « Garantir l’égalité des droits pour les couples de même sexe ».

Il est d’autant plus regrettable que quatre délégués de section lors de la convention fédérale des Alpes-Maritimes sur la déclaration de principes aient cru bon d’opposer leur veto à la proposition d’inscrire le mariage homosexuel dans la déclaration de principes du parti socialiste.

Par ailleurs, je note avec satisfaction que les propositions d’amendement de la fédération socialiste des Alpes-Maritimes visant à supprimer la référence explicite à la lutte contre l’homophobie (article 16) et l’antisémitisme (article 21) de la déclation de principes ont été rejetées. La version finale adoptée lors de la convention le 14 juin 2008 est ici.

Les Verts et le MJS appellent à légaliser le cannabis

Les jeunes socialistes et les Verts participent à l'appel du "18 joint", organisé par le Circ, appelant à une meilleure protection du consommateur et à une lutte plus efficace contre l'économie de la drogue.

(Sipa) "Loin de considérer que fumer du cannabis est anodin et sans risque, nous pensons néanmoins que la légalisation du cannabis est une nécessité", écrit le MJS. Le Mouvement milite "pour la réduction des risques liés" à cet usage, estimant que "légaliser le cannabis, c'est s'assurer que les produits parvenant aux consommateurs ne comportent pas de risques sanitaires". Il veut aussi "une véritable politique de prévention", car "légaliser le cannabis, c'est se donner les moyens d'informer et de sensibiliser les consommateurs sur les risques qu'ils encourent".

Supprimer l'économie souterraine

Il estime enfin que "légaliser le cannabis, c'est supprimer l'économie souterraine du commerce du cannabis". De leur côté, les Verts "continuent de refuser la logique répressive contre les usagers de drogues!", indiquent-ils dans un communiqué. Ils soutiennent les politiques de réduction des risques. Pour eux, "la répression ne consiste en effet qu'à se débarrasser à bon compte de cette question sans la résoudre, pénalisant ainsi les populations les plus fragiles telles que les jeunes des quartiers dits 'sensibles' ".

Pour l'autoproduction

Les Verts rappellent enfin qu'ils soutiennent "l'autoproduction de cannabis plutôt que de favoriser les réseaux mafieux du trafic de drogues". Le premier "appel du 18 joint" avait été lancé en 1976 dans Libération par des partisans de la légalisation du cannabis en France. Depuis quelques années, c'est le Circ, Collectif d'information et de recherche cannabique, qui organise l'événement.
Présente également au rassemblement, Alternative libérale dénonce pour sa part les 150 000 interpellations de l'année 2007, s'insurgeant contre une "répression qui n’avait jamais été aussi brutale".