Sarko fait son guignol sur les profs

Article pris sur politique.net

En déplacement à Annecy, Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance à destination des entreprises pour faire face à la crise financière. Deux mesures phares ont été présentées : une exonération de taxe professionnelle sur tous les nouveaux investissements réalisés par les entreprises jusqu'en 2010 et la mise en place d'un fonds d'intervention publique pour venir en aide aux entreprises stratégiques ayant besoin de fonds propres.

Mais, au détour d'une phrase, Nicolas Sarkozy n'a pu s'empêcher de donner son avis sur la manifestation des enseignants qui avait eu lieu dimanche 19 octobre 2008...

"J'ai grand respect pour la démocratie, j'ai grand respect pour le droit de manifester, mais quand j'entends les slogans de manifestations de ces derniers jours d'une petite partie de la Fonction publique d'Etat, je me demande s'ils se rendent compte de la gravité de la crise. Que des gens viennent de bonne foi me demander en réponse à la crise d'embaucher davantage de fonctionnaire et davantage d'emploi public, je me demande s'ils ont bien compris dans quel monde nous vivons".

Comme l'a relevé Lepost.fr, la réplique ne s'est pas fait attendre. La FSU, premier syndicat de l'enseignement, s'est indignée de cette déclaration. Quant au socialiste Benoît Hamon, il s'est montré cinglant sur Europe 1 : "Est-ce que M. Sarkozy, qui a fait un chèque à 617 foyers en 2007 de 233 000 euros au nom du bouclier fiscal avait, lui, conscience de la gravité de la crise ?"

Pouvoir d'achat et misère ordinaire

Extrait d'une chronique de Didier Arnaud pour Libération, intitulée "Coup de pompe à la station essence".

Chez lui, on vient faire de l’essence. Vingt-trois ans que ça dure. Bruno est pompiste à Ferrière-la-Grande, dans le Nord.(...)

Parfois, Bruno a des cartes bleues de la Poste, qui interrogent le compte avant le paiement. S’il n’y a pas l’argent au bout, ça ne débite pas. «Là, le gars me dit : "Je vais chercher l’argent"», raconte Bruno. Et il laisse une pièce d’identité en gage. Bruno, on ne la lui fait pas. Il a déjà un plein tiroir de cartes d’identité qui ne valent rien. Les gens ne sont jamais revenus les chercher. Alors aujourd’hui, il réclame la carte grise qui, elle, a une valeur. «Parfois, j’attends quinze jours», dit-il. Mais les gens finissent par revenir.

Ici, personne ne part sur les chapeaux de roues sans passer par la caisse. On aurait le temps de relever «le matricule». (...) Les clients, eux, sont de plus en plus souvent agressifs. «Ils ne savent même plus dire bonjour, ni un petit au revoir. C’est bien quand même, dit Bruno, et ça cache la misère.» Parfois, ils râlent contre le prix du carburant, promettent de se mettre au vélo, mais Bruno ne voit rien venir. Pas plus qu’il ne sent les gens bouger, se mettre en grève, manifester.Ils n’ont pas grand-chose, mais «ils ont peur : peur, au bout d’un moment, de n’avoir plus rien». Bruno conclut, fataliste : «Dans la société qu’on a connue, on est toujours monté. Et là, on a comme "espoir" qu’on ne va que redescendre. On ne pense même pas qu’on va revenir comme avant.»