La colère d'un militant

LES SALAIRES DES GRANDS PATRONS ONT PROGRESSE DE 58% EN 2007

Dans une étude, «L'Expansion» a additionné les salaires fixes, les bonus, stock-options, dividendes et jetons de présence. Résultat, les patrons du CAC 40 ont vu leurs rémunérations augmenter de 58% en 2007, se partageant 161 millions d'euros, contre 102 millions en 2006.

En moyenne, les grands patrons ont gagné 4 millions d'euros, dont une part provient de la levée de leurs stock-options. Ainsi, le PDG de Vallourec, Pierre Verluca, a gagné 18 millions d'euros (+2312% en un an), dont 17.22 millions proviennent de ses stock-options. Gérard Mestrallet (Suez), avec 15 millions d'euros et Xavier Huillard (Vinci) et ses 13 millions, arrivent en deuxième et troisième position. De son côté, Jean-François Cirelli (Gaz de France) passerait presque pour l'enfant pauvre du CAC 40 avec un revenu annuel de 460 000 euros.

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La palme des gains les plus rapides

C'est à peine croyable.

Cette palme revient sans aucun doute à Alan Fishman, éphémère patron de Washington Mutual, la plus grande banque à avoir fait faillite, rachetée vendredi par JPMorgan. Nommé 18 jours auparavant, il a reçu un bonus d'arrivée (golden hello) de 7,5 millions de dollars et peut prétendre à un golden parachute de 6,15 millions de dollars. Soit 758 333 dollars par jour !

A lire Un job en or massif.

La Poste : touche pas a mon patrimoine !

L'annonce de Jean Paul Bailly  de privatiser la poste n'aura visiblement surpris que ceux  qui ne subissent pas les prémices d'une gestion  privée  qui durent depuis des années, sans que cela ne gênent ni les usagers, ni les élus locaux et nationaux, habitués à n'avoir qu'une image idyllique de  la Poste et de ses postiers !!

Depuis des années, la Poste a compris qu'il fallait détruire son propre métier, faire des bénéfices records (sans que ses employés en profitent), et sacrifier de l'emploi (120 tournées supprimées sur les Alpes Maritimes  en 2007) pour pouvoir anéantir le service public préféré des Français ! Et ce n'est pas fini, la saignée continue pour pouvoir faire face aux contraintes européennes, la libéralisation postale ! En effet , "facteur d'avenir" s'inscrit dans la continuité :
  • perte de tournées supplémentaires
  • des tournées plus longues, et en cas de productivité équivalente à une journée normale de trafic, il faudra distribuer le courrier de la tournée du voisin !
  • si, par malheur, un agent est malade, il faudra également  sortir sa tournée, partagées par X autres facteurs, et puis lui faire comprendre à son retour que c'est pas bien d'être malade, et le culpabiliser !
  • perte des rares avantages des facteurs : être titulaire d'une tournée et des RTT durement négociées !
  • pression supplémentaires sur l'agent qui devra travailler plus pour gagner moins, sans se défendre, avec des conditions  de travail précaires  (outils de travail inexistants, etc.)

Et cela n'est pas tout. Face à cette image de rêve que véhicule la poste en dépensant  des moyens considérables  en publicité, laisser en réalité  les usagers face à leur déboires, utilisant la méthode "Couet" et ne leur donner aucune autre alternative  que de sacrifier l'image  du facteur et de son professionnalisme comme recours aux protestations  d'usagers surpris de la disparition de son lien social qu'il affectionnait tant, mais qu'il ne peut plus avoir car les contraintes de productivité, de changement, de réorganisations inutiles, étouffent le facteur dans son environnement.

Les plus grincheux me diront  qu'il faut évoluer avec son temps, et qu'avec la mondialisation actuelle, il faut changer biens des choses en modernisant l'entreprise. Oui, c'est vrai, on peut moderniser. A condition d'y associer les principaux intéressés, dans une logique de concertation, d'avancées, et d'équité. C'est à ce prix que la profession retrouvera  l'image de marque qu'elle mérite, et non en sacrifiant  les postiers par un passage en force, sans dialogue ni communication (tiens, tiens, on connait déjà ça depuis
mai 2007 ?)

La Poste n'est pas Renault, mais le taux de suicides y est élevé. Pourquoi continuer dans cette logique ?

C'est en toute logique  que j'espère que le 23/09/2008  sera un jour qui comptera pour la survie postale et de son service public.


Xavier, facteur Nice Garibaldi, délégué Syndical

Pour une comparaison européenne, un article de Rue89 sur les conséquences de long terme de la privatisation de la poste allemande.

Ensuite, le sujet de France 3 (12/13 côte d'azur du 23/09/08) sur les manifestations pour la sauvegarde de la poste avec, en guest star, Corinne !

Sarkozy : l'économie à neuneu pour les riches ?

- L'emploi intérimaire a augmenté deux fois plus en 2007 qu'en 2005 et 2006 (sur Rue89)

Avec 637 900 équivalents-emplois à temps plein, l’emploi temporaire a atteint un record l’an dernier, progressant de +5,8 % en 2007, soit deux fois plus que les deux années précédentes. C’est ce qu’indique une étude du ministère du travail publiée le 2 septembre. En 2007, 3,6 % des salariés étaient intérimaires et plus de 17 millions de contrats d’intérim ont été signés.

- Les petits épargnants paieront le RSA, pas les « capitalistes » (sur Rue89)

Mécaniquement, les seuls Français sollicités pour mettre en oeuvre la solidarité nationale ne seront pas les plus riches. C’est le principe du bouclier fiscal : il plafonne à 50% le total de la fiscalité qui peut peser sur les revenus d’un contribuable. Pour eux, le prélèvement supplémentaire de 1,1% prévu par le gouvernement ne s’ajoutera pas.

- Et si le patron de la Poste voulait privatiser son entreprise avant tout pour gagner plus?

(extrait du blog économique "Les cordons de la bourse" par Nicolas Cori, journaliste à Libération.)

Quel est le salaire de Jean-Paul Bailly (PdG de La poste) ? Officiellement, aucun chiffre ne circule. Seule indication, une indiscrétion de l’Express reprise par le Quid, datant de 2005, et qui faisait le point sur les salaires des dirigeants d’entreprises publiques: en 2004, Bailly aurait gagné 360 000 euros par an. Un tel chiffre semble très vraisemblable. Et on peut parier que cette somme n’a pas beaucoup variée depuis.

En revanche, la rémunération des patrons des entreprises publiques qui sont entrées en Bourse a connu une toute autre évolution. Et là, les chiffres sont publics.

Prenons Jean-François Cirelli, PDG de GDF, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, et nommé à la tête du groupe gazier en 2004. Cette année là, le classement de l’Express le place derrière Bailly, avec 267 576 euros par an. En 2005, première forte progression: la rémunération passe à 357 257 euros (avec un petit bonus de 35 000 euros). En 2006, nouveau bond à 432 282 euros. Cette fois-ci, le bonus est monté à plus de 100 000 euros. En 2007, la progression est plus modeste. On passe à 455 324 euros. Résultat, en à peine trois ans, sa rémunération a progressé de 70%. Et ce n’est pas surement pas fini, en raison de la fusion avec Suez. On n'imagine pas que Cirelli, bien que dg du nouvel ensemble, ne soit pas traité aussi bien que le PDG Gérard Mestrallet (2,7 millions d’euros en 2007 sans compter les stock-options).

Autre exemple, celui de Pierre Gadonneix, un profil proche de celui de Bailly. Il a fait toute sa carrière dans le public (notamment en étant patron de GDF de 1996 à 2004). En 2004, il est nommé PDG d’EDF alors qu’il est proche de l’âge de la retraite (il est né en 1943). Sa rémunération est alors de 468 676 euros par an. En 2005, on passe à 549 660 euros, en 2006 à 807 155 euros, et en 2007 le million est dépassé: 1 055 731 euros. Soit, en trois ans, un doublement de son salaire, là aussi grâce à une augmentation importante du bonus (la partie variable de la rémunération).

A l’heure où Bailly fait campagne pour privatiser la Poste, on peut parier qu'il a en tête tous ces chiffres.

(lire aussi "La Poste privatisée : un avant-goût assez amer" sur Rue89).