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Macron fait pression pour un nouveau gouvernement et des réformes accélérées au Liban

Le président français Emmanuel Macron s'est rendu au Liban lundi et mardi dans le cadre de sa deuxième visite dans le pays depuis la explosion dans le port de Beyrouth début août. Ses revendications politiques et économiques avaient un ton fort d'ingérence impérialiste.

Macron s'est rendu au Liban pour marquer le 100e anniversaire de la proclamation de l'état du Grand Liban. Lors de la visite, il a promis une aide internationale pour le pays, conditionnée à la formation d'un nouveau gouvernement dans les prochains jours et à la mise en œuvre de réformes dans les semaines à venir.

"Toutes les forces politiques se sont engagées à former un gouvernement dans les 15 prochains jours", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse à la résidence officielle française à Beyrouth.

Macron a prononcé le discours à la résidence officielle française de la capitale, au même endroit où le général français Henri Gouraud a proclamé la création du Grand Liban sous domination française le 1er septembre 1920, qui a duré jusqu'à l'indépendance du Liban en 1943.

Le dirigeant français a promis qu'il convoquerait une conférence d'aide internationale pour le Liban en octobre, mais a averti qu'il ne donnait pas au pays un «chèque en blanc». Au contraire, l'aide est subordonnée à des réformes politiques et économiques, à commencer par les secteurs de l'énergie et des banques.

Macron lançait un ultimatum à la classe politique libanaise discréditée: si les réformes ne sont pas menées, il y aura des conséquences.

«Si rien n’a été fait, je devrai dire à la communauté internationale que nous ne pouvons pas aider le Liban», a ajouté le président, dans un discours dégoulinant de menace impérialiste à l’encontre de l’ancienne colonie française.

Quelques heures avant l’arrivée de Macron à Beyrouth, le Parlement libanais a nommé Mustafa Adib Premier ministre du pays, trois semaines après le précédent cabinet d’Hasan Diab démissionné en bloc après l'explosion.

Macron a déclaré qu'une feuille de route avait été élaborée pour travailler sur la gestion des conséquences de l'explosion, la reconstruction du port, les réformes et la privatisation de la compagnie d'électricité et le contrôle des capitaux, entre autres.

Lors de sa visite au Liban, Macron a répété que sa position était de faire des demandes sans interférence. Cependant, le président français, qui prétend être le sauveur du peuple, n'a pas cessé de faire pression sur le gouvernement local.

«C'est la dernière chance pour le système», a martelé Macron. «Je suis ici… pour obtenir des résultats et amener des réformes.» Il a déclaré qu'il ferait pression pour la formation d'un nouveau gouvernement qui devra lancer des réformes le plus rapidement possible.

Emmanuel Macron a déjà annoncé qu'il reviendrait en décembre. L'annonce sonne comme une date limite pour la mise en œuvre de la politique impérialiste française. Dans des commentaires diffusés par Le Point, Macron a proposé d'organiser une conférence de soutien au Liban.

«Nous devons continuer à mobiliser l’ensemble de la communauté internationale. […] Je suis prêt à ce que nous organisions, peut-être à la mi-octobre, une conférence internationale de soutien avec les Nations Unies. […] Je suis prêt à l'accueillir même à Paris […], que l'on peut à nouveau demander à tous les États de soutenir pour financer », a déclaré le président français.

Si Macron entend se présenter comme le «sauveur» du peuple libanais, dans la plus pure tradition coloniale – la France a colonisé le Liban entre 1920 et 1943 – il est au contraire le pire ennemi des masses en lutte aujourd'hui. Loin d’être motivées par des impulsions humanistes, les revendications de Macron servent avant tout les intérêts impérialistes de la France au Liban. Les revendications aboutiront au pillage des ressources naturelles du pays avec la complicité de la bourgeoisie libanaise. En ce sens, la nature même des réformes réclamées par Macron est frappante, à l'image de la privatisation du secteur de l'énergie, qui représente 40% de la dette du pays, puisqu'elle est soutenue par «des organisations privées et des entreprises françaises», comme il l'avait indiqué. plus tôt en août.

Son ultimatum, cependant, va au-delà des demandes de la majorité des Libanais qui ont protesté le gouvernement et la politique libanaise. Au lieu de cela, il accélère la formation d'un nouveau gouvernement avec les mêmes partis et politiciens qui font l'objet de protestations.

En effet, lors de sa visite, il y a eu des mobilisations successives à Beyrouth autour du Parlement libanais pour protester contre la nomination du nouveau Premier ministre. Les manifestants ont été réprimés par la police qui était postée derrière les murs construits pour fortifier la zone autour du Parlement.

Les manifestants, qui ont appelé mardi le jour de la «colère de la nation», ont hissé des drapeaux libanais teints en noir au lieu de rouge.

La nomination de Mustafa Adib en tant que nouveau Premier ministre, un homme en qui l'ancien Premier ministre libanais Nayib Mikati et ambassadeur à Berlin depuis 2013, a déchaîné la colère des citoyens, qui protestent pour changer le système politique qui a conduit à l'un des ses pires crises de l’histoire.

L'impérialisme français et son représentant Macron ne soutiennent en aucun cas la lutte légitime du peuple libanais.

Cet article a été initialement publié en espagnol le 2 septembre à La Izquierda Diario, Argentine

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